sa "fixation" sur le dessin, Fernando
Ureña
Rib se trouve
en bonne compagnie, partageant cette affinité avec les plus
grands de l'art universel et de l'art dominicain: Jaime
Colson, Yoryi Morel, Darío Suro, Ada Balcácer, Peña Defilló,
Ramón Oviedo, pour ne citer que quelques noms, son de grands
peintres et de grands dessinateurs. Hier, Ingres qualifiait le
dessins "la probité de l'art", aujourd'hui le critique d'art
Gérard Xuriguera l'appelle "un langage pour traiter avec
l'esprit", "une grammaire du trait", "le refuge des purs".
Locutions susceptibles de s'appliquer au langage graphique de
Fernando
Ureña
Rib, en sa
rigueur, sa diversification, sa fluidité. Il croit et fait
croire en la puissance et la richesse infinie de la ligne.
Il aborde le dessin
avec une main de virtuose. Il sera arrivé a Fernando
Ureña
Rib exécuter
cette sorte de dessin qui ressemble au premier jet de la
création. Il considère le dessin comme une forme de
communication autonome, complète, capable de tous les effets
et de toutes les expressions. Plus encore, dans les premières
années le dessin imposait son intensité par sa netteté et
l'efficacité de son image.
Fernando
Ureña
Rib a traversé
des périodes successives, réalistes, grotesques organiques,
oniriques, surréalistes, s'arrêtant a différents paliers de la
figuration moyennant la peinture et le dessin. Bien sure dans
les deux catégories, il adopte le même sujet : l'homme et plus
encore, la femme, la faune, la flore et récemment un nouveau
cosmos qui additionne, fusionne et réordonne les thèmes
antérieurs.
Le dessin se fait si
impératif dans la phase caricaturale et les premières
approches oniriques qu'il prétend simplement changer
d'instruments et de matériaux, pour inscrire et construire ses
formes. Bien que l'œil entraîné capte la force et la sûreté du
dessin sous la substance et les accords de la couleur,
dernièrement la peinture affirme sa supériorité par sa densité
et la texture de la matière. Quand Fernando
Ureña
Rib présenta un
ensemble de dessins en 1986, nous nous sommes demandés sil
s'agissait d'un transfert de sa période surréalisante et ce
qu'il allait obtenir en changeant des éléments chromatiques et
facturaux si réussit pour les simples traits... ou sil y
aurait retour a des expressions antérieures.
Nous
observons le transfert de ce monde réinventé au dessin le plus
pur et le plus exigeant dans sa définition. Nous apprécions la
même poétique et esthétique exécutées avec toute la légèreté
et l'envol de la plume. La ligne est reine avec ses effusions
gestuelles, sa nervosité contrôlée, sa délicatesse de
filigrane. C'est l'instrument parfait pour le signe de fruits,
fleurs, feuillages, anatomies, d'abord révélés et analysés au
cours des années, maintenant réunis en une synthèse insolite
et enchanteresse.
La
ligne et ses variations parviennent à traduire jusqu'a cet
aspect organique et sensuel que nous aurions pu considérer
comme l'apanage de la peinture. Cette qualité scripturale de
ligne limpide et impeccable mais plus souriante austère
identifie le dessin de Fernando
Ureña
Rib. Il sait
toujours l'étendre, la plier, l'enlacer, la tresser. Le trait,
si fin, en atteint presque l'immatérialité... Serré ou tramé
il devient porteur d'ombre ou de drame. Il faut signaler que,
dans le dessin de Fernando
Ureña
Rib,
interviennent, graciles et véloces, les arabesques et les
filaments encrés, mais aussi la valeur intrinsèque du blanc
comme fond, espace, atmosphère.
Notons
que dans cette évolution, prenait auparavant plus de relief le
signifié - satire de difformités et de grimaces, poésie et
beauté de la figure, selon le thème...-, a présent, par les
chemins de la quasi abstractions et du surréalisme,
s'intensifie davantage le signe en son raffinement
calligraphique, en ses vertus d'un tracé très
pur....Simultanément, Fernando
Ureña
Rib est
sculpteur, catégorie qu'il aborde moins fréquemment que la
peinture et le dessin, bien qu'il y ait engagé là aussi son
tempérament de chercheur, au point de réaliser des sculptures
de neige...presque un paradoxe chez un artiste des tropiques
Cependant, mis a part le fait que sa taille en bois sont la
premières expressions du monde actuel de formes, et sont d'un
niveau plastique "autonome, tellement satisfaisant, qu'il
gagna a la biennale nationale de Saint Domingue pour sa
sculpture un prix spécial du jury en 1979.
La
sculpture de f se caractérise par des volumes enveloppants et
enveloppés, par des formes biologiques, baroques contournés
par la faculté de transmettre la sensation d'un lent mouvement
giratoire. Ombre et lumière se répartissent les saillis et le
creux les incitions rayonnantes, les incidences curvilignes et
même complètement circulaires. Néanmoins, souvent polychrome,
cette taille porte le sceau du peintre. La texture lisse,
consistance, mate ou brillante de la laque convienne autant a
la forme qu'au volume, le rendant plus somptueux et sensuel.
Un
aspect intéressant réside dans la possibilité d'un changement
d'échelle ou au moins le suggère au spectateur. Nous verrions
bien ces pièces de moyen format réduites a des petits "objets
d'art", interprétés en bronze ou agrandit a des dimensions
monumentales dans un parc, réalisés alors en pierres. Une
question surgit. Fernando
Ureña
Rib reviendra
t-il a la sculpture qu'il a relégué ces dernières années?